C’est une révolution ! Le 15 juin 2017, les frais d’itinérance disparaissent totalement de l’Espace économique européen (EEE). Un Français qui voyage en Finlande, à 2 500 kilomètres de chez lui, n’aura donc plus de mauvaises surprises à son retour en découvrant sa facture mobile. Il aura payé le même prix qu’en France. Une législation réclamée par la Commission européenne qui réjouit les consommateurs mais beaucoup moins les opérateurs. On vous explique tout.

Qu’est-ce qu’un roaming ?

Lorsque vous utilisez votre téléphone à l’étranger, vous n’utilisez pas votre réseau national mais le réseau local du pays dans lequel vous vous trouvez. Son logo s’affiche d’ailleurs sur votre téléphone dès votre arrivée. Pour vous permettre de continuer à communiquer, l’opérateur national facture à votre opérateur vos usages sur son territoire. Cela paraît logique. Vous payez donc votre abonnement habituel ainsi que les frais réclamés par l’opérateur national : on les appelle les frais d’itinérance ou roaming en anglais.

Grâce à la nouvelle législation, vous ne payerez plus ces frais supplémentaires, les opérateurs locaux et nationaux ayant trouvé un accord. Avec un bémol toutefois : si vous dépassez les quotas de communication inclus dans votre forfait pour l’étranger, vous devrez bien entendu payer ces surplus de l’ordre de 4 centimes par minute d’appel, 1 centime par SMS et 0,85 centimes d’euro par Mo. Mais pas d’inquiétude, les opérateurs continueront de vous alerter par SMS dès que 80% de votre plafond data sera atteint.

roaming terminé

Free donne le coup d’envoi, SFR est le dernier à y renoncer

Depuis mars 2017, Free a aboli les frais d’itinérance pour les abonnés de son forfait à 19,99 euros dans trente-cinq pays : dans l’EEE bien sûr mais également aux Etats-Unis, en Afrique du Sud ou encore en Australie. Ses abonnés peuvent aujourd’hui consommer jusqu’à 5 Go de data par mois et appeler sans surcoûts supplémentaires à l’étranger. Orange a suivi le pas à la fin mai 2017 offrant à l’ensemble de ses abonnés Orange et Sosh la possibilité de surfer et de téléphoner sans frais supplémentaires et ce, peu importe leur forfait dans les pays de l’EEE.

Quelques jours plus tard, Bouygues Telecom a répliqué en amorçant la guerre des prix. Il est le seul à proposer pour l’ensemble de ses forfaits les appels et les SMS en illimité. Concernant la data, l’opérateur reste flou. Plafonnée à 25 Go maximum par mois dans l’EEE, cette enveloppe dépendra du forfait et des offres de chacun. SFR est le dernier qui appliquera la législation dès le 15 juin 2017. Facturé 15 euros par mois, son forfait Red roaming comprend les appels, SMS et MMS en illimité ainsi que 15 Go de data 4G dans l’EEE, les Etats-Unis et le Canada. D’autres offres devraient bientôt être proposées.

Un coup dur pour les opérateurs français

Depuis dix ans, les opérateurs s’opposent à cette législation aujourd’hui actée. Orange estime que la suppression du roaming dans l’EEE représentera pour lui un manque à gagner de 130 millions d’euros par an. Il est facile d’imaginer cela quand on sait que 80% des Français qui voyagent le font dans l’UE et que la France est l’un de pays européens les plus touristiques. De plus, l’itinérance aura toujours un coût pour les opérateurs qui devront faire preuve d’imagination pour rééquilibrer leurs finances.

Afin de protéger les opérateurs, la Commission européenne va encadrer cette législation. Pour bénéficier de ces avantages, les déplacements des clients ne devront se faire que de manière ponctuel, pour des vacances par exemple. A contrario, un Français qui part s’installer en Italie devra souscrire à l’abonnement d’un opérateur national. Enfin, la Commission précise qu’en cas de désaccord, c’est d’abord auprès de l’opérateur que les litiges devront être réglés, à travers une procédure spéciale, avant éventuellement de demander l’arbitrage de l’autorité nationale compétence représentée par l’Arcep en France.