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Une couverture renforcée grâce aux technologies hertziennes THD

Mise à jour le 11 octobre 2021 par Philippe Richard
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La couverture exhaustive du territoire a toujours été le talon d'Achille des technologies filaires. Des technologies hertziennes sont capables de prendre le relais et d'apporter le haut débit dans des zones dites « blanches », c'est-à-dire dépourvues d'accès filaires de type ADSL ou fibre.

Le Très Haut Débit hertzien : une nécessité

12% des foyers français n'ont pas le haut débit (3 Mbps) aujourd'hui. 5% des ménages ne disposeront toujours pas de ce niveau de débit par les réseaux filaires en 2020-2022 (1).

Les réseaux hertziens représentent une alternative sérieuse pour relever ce défi. Bien que la bande passante soit partagée à chaque instant entre les différents utilisateurs derrière une même station émettrice, ces réseaux ont vu leurs performances s'améliorer grâce aux évolutions technologiques. Aujourd'hui, deux grandes catégories sont capables de fournir des accès haut débit de qualité, disponibles immédiatement et sur l'ensemble du territoire :

  • les satellites de nouvelle génération (bande Ka) ;
  • les réseaux hertziens terrestres (Wimax, Wi-fi) notamment avec l'utilisation de technologies LTE (« Long Term Evolution »).

Lancé au printemps 2013, le Plan France Très Haut Débit vise à couvrir l'intégralité du territoire d'ici 2022, c'est-à-dire proposer un accès à Internet performant à l'ensemble des logements, des entreprises et des administrations, même s'ils sont isolés. En organisant le volet « national » du financement des projets publics de passage au Très haut débit, il permet une certaine péréquation entre les territoires denses, couverts par l'initiative privée sans subvention, et les autres. Par ailleurs, son approbation, fin 2016, par la Commission sécurise les financements de l'Europe, de l'État et des collectivités pour les 93 projets en cours sur 100 départements. Grâce à ce Plan, les particuliers concernés pourront ainsi bénéficier d'un soutien de l'État pour l'installation du terminal de réception.

Le projet « très haut débit par satellite »

Exploités dans un premier temps pour la diffusion de chaînes de télévision et de radios, les satellites géostationnaires sont capables d'apporter l'internet aux foyers et aux petites entreprises isolés et pour lesquels les autres technologies terrestres sont indisponibles ou n'apportent pas un niveau de service acceptable. Aujourd'hui, selon le contrat proposé par les opérateurs, le débit maximum en réception est compris entre 20 et 22 Mb/s et de 2 à 6 Mb/s en émission. Par ces débits, l'offre satellite s'apparente ainsi à une bonne connexion ADSL.

Pour soutenir la filière industrielle spatiale et garantir qu'un service de qualité sera accessible sur tout le territoire, y compris dans les habitats les plus reculés, le Commissariat général à l'investissement a investi dans la recherche et développement dans les satellites très haut débit.

Le 6 février 2014, à l'occasion de la première Conférence annuelle du Plan France Très Haut Débit, une convention de financement a été signée entre la Caisse des Dépôts et le Centre nationale pour les études spatiales (CNES), prévoyant le versement du second volet de 30 millions d'euros (le premier étant de 40 millions d'euros) pour le projet « THD-Sat ». L'objectif est double :

  • développer des offres d'accès à Internet à très haut débit ;
  • compléter idéalement la couverture par fibre optique, dont le déploiement dans certaines zones rurales ou isolées se révèle difficile.

THD-Sat permettra d'offrir aux particuliers et aux entreprises une connexion Internet à très haut débit, ouvrant ainsi la voie au télétravail, à la télémédecine, ou encore à la télé-administration. Cette technologie satellitaire permettra de lutter efficacement contre la désertification qui pénalise certaines régions.

Hertzien en situation fixe : une nouvelle génération prometteuse

La technologie LTE (Long Term Evolution), communément appelée 4G, continue à se développer, en améliorant ses performances, mais aussi en étendant la bande des fréquences où elle opère. Cette flexibilité dans le choix du spectre a donné lieu à des expérimentations en France et à l'étranger, notamment avec la bande 3,5 GHz.

Dans le cadre du Plan France Très Haut Débit, des expérimentations ont été réalisées sur la 4G à usage fixe (technologie LTE) par Bouygues Télécom et Orange, en partenariat avec l'Association Nationale des Élus de Montagne (ANEM). Le but ? Évaluer la capacité de la 4G à fournir une connexion de qualité dans des espaces ruraux et de montagne et de vérifier « in situ » les impacts de l'utilisation de la 4G par des abonnés qui en font un usage fixe. En revanche, face aux technologies filaires, ce type d'offres présente deux inconvénients majeurs : la variation de la qualité de service selon la charge du réseau, et le quota mensuel imposé à cause des ressources spectrales limitées.

Compte tenu du coût et des contraintes techniques de déploiement de réseaux filaires dans certaines parties du territoire, notamment pour les locaux isolés, les technologies hertziennes ont un rôle structurant pour la réussite du Plan France Très Haut Débit.

Pour évaluer le potentiel de ces technologies et s'assurer de leur capacité à répondre aux objectifs aux besoins identifiés, une étude est en cours de réalisation au sein de la Mission Très Haut Débit.

(1). Source Eutelsat

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