Seul un quart des métros en France sont aujourd’hui couverts en 3G/4G, selon la dernière enquête réalisée par l’Arcep. Parmi eux, Lyon, Marseille, Lille et Rennes en sont particulièrement dépourvus. On vous explique tout.

Les voyageurs le savent bien. Il est aujourd’hui très difficile, voire souvent impossible, de consulter une page Internet dans le métro. Désormais, les utilisateurs en ont la preuve concrète grâce à la carte interactive conçue par l’Arcep et publiée sur monreseaumobile.fr le 18 septembre 2017. Pour réaliser cette carte, soixante enquêteurs équipés de smartphones ont mesuré la qualité des réseaux mobiles 3G/4G au premier semestre 2017 dans les six métropoles françaises dotées d’un réseau de métro (Paris, Lille, Lyon, Marseille, Rennes et Toulouse).

Moins d’un quart du réseau parisien couvert en 3G/4G

Le résultat est édifiant. Le « meilleur » taux de couverture en 3G/4G est celui d’Orange, avec une moyenne globale de 25% sur les six réseaux de métros rassemblés ensemble. Un chiffre faible, surtout quand on sait que les tronçons aériens font partie de cette moyenne. Les opérateurs SFR et Bouygues Télécom suivent avec respectivement 22% et 21%. Free occupe la dernière place du podium avec 9%.

A Paris, moins d’un quart du réseau actuel est couvert en 3G/4G, selon l’étude de l’Arcep. Le RER A, B et C, ainsi que la ligne 1, sont les seuls tracés sur lesquels les voyageurs peuvent se connecter à Internet dans de relatives bonnes conditions. Pour le reste, le réseau 3G/4G reste très peu développé.

Comment expliquer un si mauvais résultat ? Le métro parisien date de 1900. En raison de son maillage très dense, les infrastructures à base d’antennes, partagées par les quatre opérateurs, nécessitent des locaux techniques particuliers en sous-sol. De plus, ces travaux ne peuvent être réalisés que lorsque le métro est fermé, c’est-à-dire durant quelques heures seulement pendant la nuit.

Toulouse en passe de venir le premier métro équipé en 4G

Couvrir une seule station en 3G/4G nécessite plus de vingt nuits de travaux. La RATP compte 320 gares et stations souterraines de métro et de RER, qui doivent être équipées au total de plus de 3 000 antennes et de 300 kilomètres de câble. On vous laisse faire le calcul… Cela relève d’un chantier pharaonique ! La RATP s’est engagée de son côté à renforcer la capacité en 3G/4G sur les 100 stations les plus importantes d’ici 2019. 

En régions, l’herbe n’est pas forcément plus verte. Bien au contraire. A Rennes, qui dispose d’un métro inauguré en 2002, aucun accès Internet n’est aujourd’hui disponible. Composé d’une seule ligne, le métro rennais doit être équipé en 3G/4G d’ici 2018 selon l’engagement signé entre la métropole et la TDF, l’installateur des infrastructures, mais rien n’est moins sûr. Les métro de Lyon, Marseille et Lille présentent les projets d’installation d’antennes les moins avancés de l'Hexagone bien que Lyon se soit engagé à équiper en 3G/4G son réseau d’ici 2018 et Lille d’ici 2019.

De son côté, les deux lignes du métro toulousain devraient être équipées en 4G d’ici la fin de l’année 2017. Un chantier qui représente un investissement de 10 millions d’euros, à la charge des quatre opérateurs mobiles. Pour le réaliser, le métro toulousain s’appuie sur un réseau existant en fibre optique. Si les délais sont bien respectés, Toulouse deviendra alors le premier métro français entièrement couvert par la 4G.