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5G : danger réel ou fictif pour la santé ?

Mise à jour le 06 janvier 2020 par Emeline Rioual
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Alors que l'arrivée du réseau 5G est prévue en France pour fin 2020, cette nouvelle technologie attise l'inquiétude d'une partie de l'opinion publique, des usagers et de certains scientifiques. Risques sanitaires, danger pour la protection des données, menace pour l'environnement ou encore perturbations météo dues à la 5G, nous décelons ici le vrai du faux sur les conséquences du réseau 5G sur la santé, la nature et les libertés.

5G mobile onde
© azardos

La 5G aurait-elle des effets néfastes sur notre santé ?

Le déploiement technique du réseau 5G nécessite celui d'antennes-relais sur tout le territoire français. Une antenne 5G est attendue pour dix logements individuels. En ce point, le réseau 5G suscite la méfiance d'une partie de l'opinion publique puisque plus il y a d'antennes-relais, plus le volume d'ondes électromagnétiques émises peut être important. Les individus seront alors davantage exposés à celles-ci.

La pétition “5G Appeal” à l'origine des soupçons

Diverses sources médiatiques ont rapidement pointé du doigt la 5G comme future responsable d'une exposition massive et involontaire aux ondes électromagnétiques de la population mondiale. C'est ce que dénonce la pétition américaine “5G Appeal”. Publiée en ligne en mars 2019 en France, la pétition “5G Appeal” dit se fonder sur “plus de 10 000 études scientifiques” et avoir été rédigée par “une équipe de scientifiques, médecins, membres d'organisations environnementales et citoyens”, sans apporter plus de précisions. Aucun grand nom de spécialistes ni de médecin ne ressort de cette pétition aux origines discutables. 

Ayant fait le tour des réseaux sociaux et été repris par différents médias plus ou moins fiables en juin 2018, le texte “5G Appeal” met en garde sur les dommages que pourraient causer les ondes 5G sur la santé. Signée par 150 000 personnes à travers le monde, la pétition “5G Appeal” dresse la liste des conséquences provoquées par l'exposition massive aux ondes électromagnétiques : maladies cardiovasculaires, palpitations cardiaques, altération du développement, infertilité, déficience cognitive, cancers, etc. La pétition “5G Appeal” réclame à l'Organisation des Nations Unis (ONU), le Conseil de l'Europe et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) la suspension du déploiement du réseau 5G. 

Toutefois, la véracité des informations défendues par cette pétition est remise en cause par différents organismes officiels, notamment l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) en charge de l'ensemble des fréquences radioélectriques en France. Malgré son apparente fiabilité, cette pétition est un bon exemple du «Cherry-Picking» (“cueillette des cerises” en anglais). Ce procédé rhétorique consiste à mettre en lumière et lister tous les arguments, faits et données qui créditent un point de vue, en passant sous silence toutes les informations qui pourraient le contredire. 

C'est la stratégie adoptée par les auteurs du texte “5G Appeal”, qui s'appuient sur des sources datées de plusieurs années, et pour certaines, qui ne sont plus d'actualité ni véridiques. C'est notamment le cas d'une étude réalisé par Om Gandhi en 1986 dont le sujet était l'absorption des ondes millimétriques. Toutefois à cette époque, la 5G n'était à aucun moment considérée comme une possibilité pour l'avenir. Les conclusions de cette analyse qui se base sur d'autres types d'ondes et qui est vieille de plus de trente ans ne peuvent pas être appliquées ni correspondre à la réalité de la 5G aujourd'hui. En cela, la crédibilité du texte “5G Appeal” est aujourd'hui remise en cause. 

L'ANFR rassure : elle encadrera les ondes émises par la 5G

Face à la multiplicité des sources, qui ne sont pas toujours des sources officielles, il peut être difficile de déceler le vrai du faux à propos des dangers de la 5G sur la santé. Selon l'Agence nationale des fréquences (ANFR), il est encore trop tôt pour déterminer si oui ou non, le réseau 5G présente des risques pour la santé.

Créé en 1997, l'ANFR a pour mission d'assurer la gestion et le contrôle de l'utilisation des fréquences électromagnétiques dans le domaine public. L'agence nationale veille au respect des valeurs limites réglementaires de l'exposition aux ondes et contrôle la conformité des équipements sur le marché (téléphones mobiles, tablettes, etc.). Sur les recommandations de l'Union européenne et de la Commission internationale de protection contre les radiations non-ionisantes publiées, l'ANFR régule le niveau global maximum d'exposition des individus aux champs électromagnétiques en France.

Dans ce cadre officiel, il y a le DAS (Débit d'Absorption Spécifique) qui désigne l'énergie transportée par les ondes électromagnétiques et absorbée par l'organisme humain. Le DAS s'exprime en Watt par kilogramme (W/kg). Le “DAS tête “ et le “DAS tronc “ est fixé à 2 W/kg tandis que le “DAS membre est fixé à 4 W/kg. Il apparaît donc exagéré et hors de propos de dénoncer une future “exposition massive aux ondes 5G” puisque les limites d'absorption aux ondes électromagnétiques fixées par l'ANFR ne pourront jamais être atteintes. Si elles le sont, les équipements du réseau 5G seront jugés hors loi et ne pourront pas voir le jour. La 5G ne peut donc pas à priori avoir de conséquences néfastes sur la santé. 

Pour l'ANSES, aucun risque sur la santé dû à la 5G n'est à prévoir

L'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) est une instance scientifique indépendante qui travaille en France pour les ministères de la Santé, de l'Environnement, de la Consommation, de l'Agriculture et du Travail. Son rôle consiste à rechercher et évaluer des risques sanitaires dans les domaines de la santé humaine, animale et végétale. En 2018, l'ANSES a publié un rapport énonçant les multiples expertises effectuées sur l'usage des radiofréquences liées à la 5G et leurs effets sanitaires. Pour les évaluer, l'agence s'est appuyée sur une méthodologie inspirée de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Selon cette investigation, l'exposition aux ondes liées à la 5G émises par les différents moyens de radiocommunications (Wi-Fi, téléphonie mobile, etc.) ne met pas en évidence d'effets sanitaires reconnus : “Les experts de l'Agence n'ont pu établir un lien de causalité entre les effets biologiques décrits sur des modèles cellulaires, animaux ou chez l'Homme et d'éventuels effets sanitaires qui en résulteraient.”, précise l'ANSES dans son rapport. 

Fin 2019, l'ANSES a lancé un groupe de travail composé d'experts scientifiques consacré au “Déploiement de la technologie de la communication 5G et effets sanitaires associés”. Il est encore trop tôt pour accuser le réseau 5G d'être un danger pour l'organisme humain puisqu'il est impossible de prouver l'existence ou non de risques sanitaires causés par la 5G. De plus, selon l'ANSES et un rapport publique du Sénat, les fréquences hautes utilisées par la 5G pénètrent moins dans l'épiderme que celles utilisées par la 4G, ce qui semble plutôt rassurant. 

La 5G, un danger pour l'environnement ?

Vrai, la 5G pourrait perturber les prévisions météo

Après les accusations des opposants au déploiement de la 5G sur la santé, d'autres interrogations ont vu le jour, notamment celles sur l'environnement. Selon ces accusations, le réseau 5G pourrait perturber les prévisions météo puisqu'il utiliserait les mêmes fréquences que celles des satellites météo. Selon l'office parlementaire sur “les perspectives technologiques ouvertes par la 5G” rédigé par l'Assemblée nationale et le Sénat en 2018, la question est prise avec sérieux. Il faudra “faire cohabiter la 5G avec ces réseaux” et harmoniser ces choix à l'international afin de conserver la fiabilité des données météorologiques émises par satellite.

Faux, la température des insectes n'est pas en hausse avec la 5G

Selon certaines rumeurs, le déploiement du réseau 5G pourrait provoquer une hausse significative de la température des insectes à travers le monde. Pour l'heure, cette hypothèse n'est pas à prendre au sérieux : aucune autorité gouvernementale ni étude officielle confirmant la véracité de ces informations n'existe aujourd'hui.

La 5G, un risque sur les libertés ? 

La France adopte la loi Huawei pour prévenir les risques d'espionnage

Alors que le réseau du futur promet l'ultra haut débit et la consécration des objets connectés, la 5G suscite aussi de nombreuses inquiétudes en matière de cybersécurité. L'origine de ce scandale est né des Etats-Unis, qui ont mis en accusation l'un des acteurs majeurs du déploiement de la 5G dans le monde : l'industriel chinois Huawei. Huawei est le plus grand constructeur de réseau 5G. Spécialisé dans les équipements, Huawei est en charge dans de nombreux pays du déploiement du réseau 5G.

En 2018, les Etats-Unis ont accusé Huawei d'un potentiel futur risque d'espionnage des utilisateurs à travers ses équipements déployés sur le terrain. Selon le géant américain, l'industriel chinois pourrait rassembler et exploiter les données des utilisateurs depuis ses équipements, installés partout sur le pays. Cette accusation d'espionnage faite par les Etats-Unis envers la Chine n'a jamais été confirmée. 

Le conflit Etats-Unis vs Chine en filigrane ?

Ne s'agirait-il pas plutôt d'un souci des Etats-Unis de conserver l'hégémonie de ses entreprises du secteur à travers le monde ? Le déploiement de la 5G représente une manne financière incontestable. Quoi qu'il en soit, les Etats-Unis conservent leur ligne directrice, et clament haut et fort que Huawei doit être mis à l'écart, de façon à mettre son pays et les pays alliés à l'abri de tout risque d'espionnage. Le pays réclame de ses alliés la mise en parenthèse de ses activités avec Huawei.

Sous la pression des Etats-Unis, la France cède en adoptant en juillet 2019 la “loi Huawei”. Par cette loi, le pays accepte de limiter l'influence du constructeur chinois dans le cadre du déploiement de la 5G en France. En clair, Huawei devrait être mis hors de circuit et perdre ses contrats en France. Officiellement, la France défend par cette décision la garantie de la sécurité et de la fiabilité des équipements et autres logiciels proposés aux utilisateurs de la 5G.

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