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Confinement: le réseau internet devrait tenir le coup

Mise à jour le 24 mars 2020 par Margaux Couturier

Confiants de la résistance du réseau internet, les opérateurs surveillent cependant de près l’évolution du trafic pendant le confinement.

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Un trafic lié au télétravail multiplié par 7

Que l’on se rassure, à court et moyen terme, l’internet n’est pas menacé d’encombrement. Aucune panne de réseau ni de “black-out” n’est à prévoir. Le meilleur banc d’essai pour tester les limites du scénario catastrophe a été la première semaine de confinement national, qui a démarré le 16 mars 2020. 

Si le trafic a fortement augmenté, les opérateurs télécoms ont été capables de répondre à tous les besoins. Orange a constaté une multiplication du trafic lié au télétravail (courriels, VPN, envoi de fichiers) par sept, celle liée à la vidéoconférence par deux et Whatsapp par cinq. Rien d’étonnant puisque la grande majorité des Français travaillent actuellement de chez eux. Si les conditions ne sont pas toujours idéales, il est toutefois possibles de profiter de conseils pour améliorer la connexion internet en télétravail. De son côté, SFR a constaté de son côté un doublement du trafic vers la plateforme de streaming Netflix au cours de cette première semaine.

Cette première semaine d’essai s’est déroulée dans les meilleures conditions. Les opérateurs télécoms ont expliqué avoir déjà été confrontés à ce genre de situation exceptionnelle de sollicitation du réseau internet et mobile. C’est notamment le cas lors des évènements sportifs, tels que la Coupe du monde de football, ou des événements culturels exceptionnels, comme le soir du Nouvel an. Orange s’est dit confiant, expliquant que son réseau est “dimensionné pour gérer l’activité d’aujourd’hui” et ne fait face à “aucun problème d’engorgement”. Les opérateurs Bouygues Telecom, SFR et Free ont exprimé les mêmes retours à la fin de cette première semaine de confinement général.

Pas de risque de panne à court et moyen terme

Les opérateurs l’ont ainsi scandé à plusieurs reprises depuis la mise en place des mesures sanitaires de confinement en France : le réseau internet va continuer de bien fonctionner. Le 20 mars 2020, interrogé par RTL, le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a affirmé que les réseaux “peuvent tenir”, ajoutant : “Nous n’avons pas d’inquiétude pour nos clients”. “Nous avons un réseau qui a été conçu pour absorber des flux considérables et qui est construit sur un rythme d’augmentation régulier des usages. On a un volume de data qui augmente de 40% chaque année, donc nous sommes toujours obligés d’anticiper”, précise Stéphane Richard. Quelques jours plus tard, Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux et services internationaux d’Orange, a expliqué aux journalistes de Sciences et Avenir, que leur équipe excluait “toute panne d’internet à court ou moyen terme”. 

Des mesures préventives pour Netflix, Facebook, YouTube, etc.

Si la situation semble être sous contrôle pour les différents opérateurs, la Commission européenne et le Gouvernement français a appelé les professionnels du secteur du divertissement à prendre des mesure pour libérer au mieux la bande passante. Dans ce cadre, depuis le 20 mars 2020, Netflix, Facebook, YouTube, Amazon Prime Video, Apple TV et Twitch ont annoncé une réduction de leurs débits en Europe sur demande du Commissaire européen pour le marché intérieur, Thierry Breton. Les entreprises désignées se sont engagées à réduire l’utilisation de la bande passante d’au moins 25% sur une période de 30 jours. Concrètement, les services de vidéos, tels que Netflix ou YouTube, ont fait passer leur trafic européen en “définition standard” par défaut, et non HD, Full HD ni 4K. 

A la “demande du Gouvernement”, le service de streaming vidéo Disney+ a repoussé sa date de lancement en France au 7 avril 2020 au lieu du 24 mars 2020. Très attendue depuis plusieurs mois, cette sortie aurait pu provoquer de nouveaux encombrements du réseau, non prioritaire en cette période exceptionnelle. Si ces services en ligne ont dû réduire leur débit, cela est plus par précaution et par pression politique que par réelle nécessité urgente. Les Français ont de leur côté été appelés par les opérateurs à faire preuve de “civisme numérique” en adoptant au quotidien un certain nombre de gestes pour éviter de saturer le réseau

Des interrogations sur le long terme

Si les opérateurs télécoms tentent d’anticiper au mieux cette situation inconnue, l’avenir reste incertain. Le problème premier qui peut se poser concerne la maintenance technique des sites sur le terrain. Si la crise sanitaire actuelle se poursuit sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les interventions de techniciens réseau risquent de devenir de plus en plus compliquées à être assurées. “C’est ce qui nous pose le plus de souci en ce moment : parvenir à réaliser les opérateurs nécessaires sur le terrain” explique Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux et services internationaux d’Orange, interrogé par Sciences et Avenir. 

Quid de l'entretien des câbles sous-marins par Orange

Parmi les interventions techniques essentielles à assurer, figure l’entretien des câbles sous-marins présents à travers le monde et dont certains appartiennent à l’opérateur Orange, qui est chargé de leur entretien. “Sur les navires, nous sommes de moins en moins capables d’effectuer des roulements car il n’y a presque plus de vols. Nous risquons vite d’avoir des équipages épuisés et de devoir compter sur du volontariat. Sur les câbles n’étaient plus réparés, des zones entières risqueraient de ne pas avoir accès au réseau”, détaille Jean-Luc Vuillemin.

La résolution des pannes techniques sur le terrain de plus en plus complexe

Sébastien Soriano, président de l’Arcep (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) s’est également exprimé sur le sujet : “Un réseau télécoms, c’est vivant : il faut pouvoir faire des interventions, car il y a des pannes, et il faut donc avoir des équipes de terrain qui restent en capacité d’intervenir”.

Jour après jour, le Gouvernement en lien avec l’Arcep, la FFT (Fédération Française des Télécoms) et les opérateurs Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free, suivent de près l’évolution de la situation, afin de réagir rapidement en cas de besoin. Et en cas de saturation des réseaux, le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a prévenu que les opérateurs pourraient être amenés à donner la priorité au trafic liés aux services d’urgence. Pour connaître les dernières déclarations de votre opérateur, nous vous invitons à consulter notre actualité sur l’impact du COVID19 sur les interventions techniques et commandes box.


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