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Des élus s'opposent à l’arrivée du réseau mobile 4G

Mise à jour le 06 janvier 2020 par Margaux Couturier

Face au scepticisme de la commune de Villette, une antenne mobile 4G sera finalement installée. Elle aura la forme d'un arbre.

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© maelballand

Chaque semaine, c’est le même scénario : des élus se rebiffent contre un opérateur mobile. En cause, l’installation d’une antenne 4G dans leur localité. Fin 2019, c’est le conseil municipale de la commune de Villette dans les Yvelines, qui a refusé, puis a accepté sous conditions l’installation d’une antenne relais 4G par l’opérateur Free Mobile. Outre les inquiétudes quant aux ondes, les habitants ne souhaitaient pas voir leur paysage dénaturé à cause de l’implantation de cette antenne mobile dans la commune. L’antenne sera finalement installée et camouflée puisque sa forme sera inspirée de celle d’un arbre.

Entre 20% et 30% des dossiers bloqués

Selon le Figaro, “pour 20 à 30% des dossiers, soit plus d’une centaine sur le territoire, l’affaire vire au casse-tête”. Certains maires et élus refusent de coopérer avec les opérateurs mobiles. Les frilosités quant à l’installation de nouvelles antennes 4G bloquent alors tout processus. Pourtant le déploiement du réseau mobile 4G est essentiel pour mettre fin aux zones blanches en France, qui continuent à être nombreuses. Si fin 2019, la 4G est disponible dans les grandes agglomérations françaises, c’est encore loin d’être le cas dans près de 22 500 communes rurales, qui regroupent 18% de la population et représentent 63% du territoire national. 

Signé de manière conjointe par l’Arcep (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes), les opérateurs mobiles (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free Mobile) et le gouvernement, et lancé en 2018, le “New Deal mobile” a pour objectif de mettre fin aux zones blanches. Dans le cadre du “New Deal”, les élus et maires locaux peuvent signaler leur territoire, afin d’alerter sur le manque du réseau mobile. Les opérateurs ont alors l’obligation de couvrir ce territoire en 4G. Et cette couverture ne peut se faire qu’en y implantant une antenne mobile. Mais c’est là que les problèmes démarrent… 

Des zones blanches persistantes

Les élus et les habitants craignent de voir leur paysage dénaturé, redoutent les ondes, etc. Il est important de savoir que les opérateurs ne placent pas au hasard leurs antennes mobiles 4G. Nécessitant une étude topographique préalable, l’installation physique d’une antenne dépend aussi d’autres critères : la nature des bandes de fréquences utilisées, l’accès à l'électricité, la structure du réseau télécom, etc. Ce choix contraint par l’opérateur ne satisfait pas toujours les habitants et les élus. Certains préféreraient que l’antenne soit cachée dans un bois aux alentours plutôt que de la voir installée au centre de la commune par exemple. 

C’est un véritable casse-tête. Et des situations qui se bloquent. D’un côté, les élus qui avaient pourtant tiré la sonnette d’alarme font marche arrière, et freinent des quatre fers face à l’installation d’un pylône dans leur commune. De l’autre, les opérateurs, pressés par les objectifs fixés par le gouvernement dans le cadre du “New Deal”, attendent impatiemment un déblocage de la situation. « Les délais d’installation de pylônes recommencent à s’envoler. Il faut en moyenne trente-six mois pour qu’un projet soit mené à bien en France (contre quatre à six mois en Allemagne) » a expliqué au Figaro Alexandre Archambault, avocat, spécialiste du numérique. Une situation qui risque de se reproduire lors du déploiement de la 5G en France.


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