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L’Anses s’exprime sur l’impact de la 5G sur la santé

Mise à jour le 01 juillet 2020 par Margaux Couturier

Quel est le risque réel de la 5G sur la santé ? Difficile aujourd’hui de répondre de manière catégorique. L’Anses et l’Arcep se sont exprimés le 1er juillet 2020 lors d’une conférence au Sénat, suivie par ZoneADSL.

sante ondes 5g anses
© claragonnord

Le réseau 5G, amené à remplacer la 4G, représente-t-il un risque sur la santé de la population ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre les intervenants de la table ronde relative à l’impact sanitaire organisée au Sénat le 1er juillet 2020. Pour Olivier Merckel, chef de l’unité “évaluation des risques liés aux agents physiques” de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentaire, de l’environnement et du travail), plusieurs éléments sont à prendre en compte pour y répondre.

“Plus on bascule vers 10 Gigahertz, moins les ondes pénètrent dans le corps”

Le premier point est le suivant : en basculant de 1, 2 vers 10 Gigahertz, “les champs électromagnétiques pénètrent de moins en moins profondément dans le corps. A courte échéance, la 5G sera déployée dans la bande 5 Gigahertz, on aura alors une relative pénétration des fréquences dans les tissus humains. A partir de 10 Gigahertz, puis plus tard avec 26 Gigahertz, on aura une absorption qui sera limitée à la surface de la peau”, explique Olivier Merckel de l’Anses.

Pour l’Anses, un manque actuel d’informations sur la bande à 3,5 Gigahertz

Deuxième élément à prendre en compte, selon le représentant de l’Agence de santé : “Aujourd’hui, on a une situation un peu contrastée. A 26 Gigahertz, on a un nombre relativement important de publications scientifiques. Et, dans les bandes de fréquences qui courent jusqu’à 2,5 Gigahertz, on a également beaucoup de données. En revanche, à 3,5 Gigahertz (qui correspond aux fréquences de déploiement de la 5G), on a rien. Tout simplement parce qu’il y a eu très peu de déploiement dans cette bande là et que les laboratoires de recherche ne se sont pas intéressés spécifiquement à cette bande-là.”

“L’interaction des champs électromagnétiques avec le vivant bouge beaucoup dans ces fréquences là : entre 1, 2, 3 Gigahertz, on a pas la même façon d’interagir entre les ondes et le vivant. Pour cette raison, notre groupe d’experts se pose la question spécifiquement : est-ce qu’il y a un effet à 3,5 Gigahertz ?”, poursuit Olivier Merckel. L’Anses s’interroge donc : est-il possible en l’absence d’études scientifiques dans la bande de fréquences de 3,5 Gigahertz, d’extrapoler, d’adapter et de transposer les données nombreuses qui sont disponibles jusqu’à 2,5 Gigahertz à 3,5 Gigahertz, et sous quelles conditions réaliser cette transposition ? Les chercheurs travaillent actuellement sur cette question. 

Un discours confiant de la part de la Fédération des télécoms

Egalement présent lors de cette table ronde, Nicolas Guérin, président de la Fédération française des télécoms, s’est également exprimé sur le sujet : “On constate que la 5G utilise une bande de fréquences comprise entre 3,5 Gigahertz et 3,8 Gigahertz, ce qui est donc très proche des fréquences 2G, 3G et 4G, et l’on constate aussi depuis que l’on mène des expérimentations depuis des mois et des mois, que leurs comportements d’absorption pour le corps humain sont tout à fait comparables.”

Nicolas Guérin poursuit sa démonstration : “Ce que l’on constate aussi, c’est que l’on a aujourd’hui plus de 14 autorités dans le monde qui se sont exprimées sur cet impact santé. Dans des pays comme l'Allemagne, l’Autriche, la Finlande, la Norvège, l’Irlande, les Pays-bas. Et toutes les autorités sont venues à la même conclusion : il n’y a pas de raison de remettre en cause les analyses faites dans le cadre de la 4G et il y a lieu de les appliquer dans la 5G. Il n’y a rien de nouveau à la fois dans la nature des bandes de fréquences que dans la manière de les exploiter.”

Nous l’avons vu, une chose est certaine pour tous : il apparaît clairement qu’il est encore trop tôt pour fournir de vraies informations sourcées sur cette question de santé. En termes de calendrier, l’Anses a prévu de publier un rapport final sur le sujet au premier trimestre 2021, sur demande des Ministères chargées des questions de santé. Dernier élément à noter : les enchères des fréquences 5G seront sans doute reportées à cause de la crise du Covid. Affaire à suivre donc.


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