Dans le département de la Manche, les représentants de la CGT d’Orange s’alarment quant au retard de déploiement et d’exploitation du réseau de la fibre optique, comme l’explique un article publié le 5 décembre 2018 par Ouest France.

Selon le comparateur de ZoneADSL, en 2018, le département de la Manche (50) était classé 89ème sur 101 départements avec une note de couverture en très haut débit à 56.67/100. Et selon ce même comparateur seuls 29,8% des habitations de la Manche ont aujourd'hui accès au très haut débit. Une situation inacceptable pour les représentants de la CGT d’Orange, dont les propos ont été repris le 5 décembre 2018, dans un article publié par Ouest France. Les syndicalistes réclament « une meilleure coordination des acteurs. On aimerait lancer une table ronde avec les élus et les entreprises concernées ».

« Les citoyens ont besoin d’explication »

« La numérisation de la société imposée conduit à des inégalités d’accès aux services publics et dégrade notre vie quotidienne » ont déclaré les cégétistes. Dans leur viseur : la disparition programmée du téléphone classique RTC, les zones blanches de la téléphone mobile, le manque de haut débit mais surtout, le déploiement de la fibre optique. « Depuis quatorze ans, nous sommes dans une construction de bouts de réseaux, déplore la CGT, pointant le syndicat mixte Manche numérique en charge du réseau. Cette construction et la mise en service sont cruciales pour le développement du département. » 

Les représentants syndicaux estiment, par ailleurs, que « les principaux opérateurs semblent réticents à exploiter le réseau de Manche numérique pour des raisons de fiabilité technique ». Le financement du réseau par le Département est source d’inquiétude. « Les fonds publics sont-ils utilisés à bon escient ? » s’interrogent les cégétistes, avant d’ajouter : « On est restés figés depuis des années sur une stratégie sans s’appuyer sur les compétences de l’opérateur historique (Orange). Il faut revenir à un réseau national comme le furent les réseaux électriques, ferroviaire ou téléphonique. Les enjeux sont trop importants. Les citoyens ont besoin d’explication. »

Enfin, l’entretien du réseau poserait aussi question. « En 2007, Orange comptait 485 agents dans la Manche contre 196 en 2018. Il y a une vraie perte de compétences. Dans ce contexte, qui entretiendra dans le futur de réseau de la fibre optique ? Qui sera responsable en cas de panne entre les multiples intervenants ? ». Si de nombreuses questions restent en suspend, les cégétistes attendent des réponses claires de la part des décisionnaires, afin de réduire la « fracture numérique » qui touche aujourd'hui leur département qu’est la Manche.

 


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