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C’est une page qui se tourne dans le monde des télécommunications. Stéphane Richard, le patron d’Orange a annoncé l’achèvement progressif du réseau cuivre en France entre 2023 et 2030. Le réseau cuivre qui donnait accès au réseau internet ADSL et RTC (réseau téléphonique communauté) va doucement laisser place à la fibre optique sur l’ensemble du territoire français. 

Accompagner les clients ADSL vers la fibre optique

Installé dans les années 70, le réseau cuivre s’est progressivement implanté dans tous les foyers français. Aujourd’hui, son extinction a déjà débuté avec l’arrivée du réseau de fibre optique. En 2019, près de la moitié des Français ont accès à la fibre et de nombreux gros câbles de cuivre ont déjà été retirés des territoires. 

Vingt millions, c’est le nombre de foyers français qui utilisent le réseau cuivre en 2019. Si ce chiffre tend à diminuer de 10% à 15% chaque année, il devrait être encore significatif en 2025. Parmi les abonnés à l’ADSL, certains restent pessimistes quant au déploiement de la fibre, qu’ils trouvent trop lent, d’autres craignent que cette transition les coupent de tout réseau internet. 

Selon Orange, le démantèlement du réseau cuivre s’effectuera dans le temps, au rythme du déploiement de la fibre optique afin de ne pas brusquer les plus sceptiques, et surtout, d’offrir une connexion internet de qualité sans interruption à l’ensemble des abonnés. La fin du réseau cuivre en France est prévu entre 2023 et 2030.

Ce délai relativement large - d’ici trois à dix ans - permettra aussi à Orange de garantir le bon fonctionnement du passage à la fibre optique pour tous. C’est le cas notamment pour certains systèmes stratégiques qui s’appuient encore sur le réseau cuivre tels que les barrages EDF. Plusieurs expérimentations seront effectuées à partir de 2020 pour assurer cette transition en toute sérénité. 

500 millions de frais d’entretien pour le réseau cuivre

Selon le directeur d’Orange, Marc Blanchet, « l’entretien de deux réseaux coûte cher ». Le réseau cuivre à lui seul représente près de 500 millions d’euros d’entretien chaque année. Peu résistant aux phénomènes météorologiques et à l’humidité, le câble cuivré doit être régulièrement entretenu, ce qui représente un coût important pour l’opérateur historique.

En plus d’offrir un débit cent fois plus élevé que le réseau cuivre, le réseau de fibre optique nécessite trois fois moins d’énergie et résiste mieux à l’humidité que celui-ci. Plus robuste, il a besoin de moins d’entretien sur la durée et donc moins de frais d’entretien.

Le but est donc d’atteindre les objectifs attendus par le gouvernement sur le déploiement de la fibre optique : permettre à 80% des Français d’être éligible à la fibre d’ici à 2022 et à plus de 90% d’ici à 2025. 

Un transition numérique qui fait débat 

Alors que la transition du réseau cuivre vers la fibre optique se fait progressivement, certains sujets divisent encore les opérateurs télécom. En octobre 2018, les concurrents d’Orange lui ont reproché de  laisser le réseau câble se détériorer. L’Arcep (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes), le régulateur des télécoms avait alors rappelé à l’ordre Orange. En 2019, la polémique concerne le prix du dégroupage. Étant l’unique propriétaire du réseau câble, Orange vend à ses concurrents l’accès aux lignes de cuivre. Le tarif fixé par Orange est régulé par l’Arcep. Toutefois, pour encourager la transition du réseau cuivre vers le réseau de la fibre optique, l’opérateur historique Orange défend l’idée qu’il est nécessaire d’augmenter les prix des abonnements ADSL afin d’inciter les clients à y renoncer et à se tourner naturellement vers la fibre. 

Mais ses concurrents s’opposent catégoriquement à cette idée, redoutant la conséquence suivante : une perte significative de leur nombre de clients. C’est notamment le cas de Free dont le directeur de la réglementation, Laurent Laganier, a expliqué : « si vous voulez fermer le cuivre, il faut qu'Orange ait une incitation économique à le fermer et donc il faut baisser le prix, pas l'augmenter… ». L’Arcep devra trancher sur la question. 

Quoiqu’il en soit, Orange doit respecter le “délai de prévenance”, autrement dit le délai (5 ans) entre l’annonce de la mutation et son entrée en vigueur afin de pas perturber les abonnés.  Durant cette phase de transition, l’Arcep décidera d’imposer ou non à Orange le maintien de potentielles réparations sur le réseau cuivre. L’opérateur se dit contre cette idée, mais promet tout de même d’assurer un service optimal aux clients ADSL jusqu’à l’extinction de son réseau cuivré. 


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